[chronique] Quand une voix change une vie : mon histoire avec Marie-Mai

Kassandra Bergeron-Gaudreault

1/27/2026

Tout a commencé quand j’avais 8 ans. Une chanson à la radio : C’est moi.

Je ne comprenais pas encore vraiment les paroles, mais je me souviens très bien de ce que j’ai ressenti : quelque chose de différent. Quelque chose de spécial. Je me suis dit, sans trop savoir pourquoi : « Cette chanteuse-là… elle a quelque chose. »

Avec les années, j’ai commencé à écouter sa musique de plus en plus. À comprendre les mots. À ressentir les phrases. À les vivre avec ma propre maturité. Ses chansons ont grandi avec moi. Et moi, j’ai grandi à travers elles.

Je voyais parfois Marie-Mai en spectacle. Et chaque fois, j’étais submergée. Je pleurais souvent, parce que je rêvais de la rencontrer, de lui toucher la main, de lui dire merci… et que ça me semblait impossible. C’était mon plus grand rêve.

Puis un jour, ce rêve est devenu réalité.

C’était à L’Étoile, au Quartier DIX30. J’étais jeune. Très jeune. Devant elle, j’étais complètement bouche bée. Incapable de parler. Devant cette artiste que j’admirais depuis des années. J’ai réussi à prendre une photo. Juste ça. Mais pour moi, c’était énorme. Mes murs étaient tapissés de ses photos. J’avais des étoiles dans les yeux. Et ce jour-là, j’ai compris que certains rêves, même simples, peuvent changer une vie.

Je continuais d’écouter ses chansons sans arrêt. D’aller à ses événements quand ma mère pouvait m’y amener. Je vivais mes plus beaux moments à travers sa musique. Elle faisait partie de mon quotidien, de mon univers, de mon identité.

Avec le temps, j’ai compris quelque chose d’encore plus fort : ses paroles me rejoignaient profondément. Dans mes peurs. Dans mes blessures. Dans mes émotions. Elle touchait exactement les cordes sensibles dont j’avais besoin.

Marie-Mai n’était plus seulement une artiste pour moi. Elle était devenue un refuge.

Je vis avec de l’anxiété depuis longtemps. Surtout liée aux maladies. Les pensées prennent parfois toute la place. Elles m’envahissent. Elles me paralysent. Et dans ces moments-là, la seule chose qui arrivait à me calmer, à me ramener, à me sauver… c’était elle. Sa voix. Sa musique. Ses mots.

Elle m’a sortie de nombreuses crises de panique. Elle m’a aidée à respirer quand je ne savais plus comment faire.

Elle m’a aussi accompagnée dans mon premier grand deuil. Mon grand-père est décédé du cancer des poumons. Sa chanson Chanson pour hier et demain a joué à ses funérailles. Cette chanson est aujourd’hui tatouée sur mon dos. Parce qu’elle a apaisé ma douleur. Parce qu’elle m’a aidée à traverser ce moment. Parce qu’elle a été une présence quand je me sentais vide.

Puis, la peur est revenue. Plus forte. Plusieurs autres événements se sont passés dans ma vie, dont certains où j’ai eu la peur de ma vie.

Mais encore une fois… j’avais Marie-Mai.

Sa musique était là pour me relever quand j’avais l’impression que ce n’était plus possible.

Aujourd’hui, j’ai 23 ans.

Et malgré les années, malgré le temps, malgré les spectacles vus et revus, elle me fait toujours le même effet. Comme si c’était la première fois. Toujours le même émerveillement. Toujours la même émotion.

Je n’aurais jamais cru qu’une artiste pourrait avoir un tel impact sur moi. Mais elle a tout changé. Et je ne la remercierai jamais assez.

Je continue encore aujourd’hui à faire des heures de route pour aller la voir. Des roadtrips. Des playlists à plein volume. Je chante dans mon auto, le son dans le tapis, juste pour décrocher. Juste pour respirer. Et mon Dieu que ça fait du bien.

On dit souvent que la musique peut sauver. Moi, je peux vous dire que c’est vrai.

Et pour moi…

Cette musique-là,

C’était celle de Marie-Mai. 💛

Kassandra

Bergeron-Gaudreault

Journaliste

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